
Konoha Land (Naruto) au Parc Spirou - Découverte de la nouvelle zone
Seize millions d'euros, un hectare et demi, et un village ninja posé en pleine Provence. Avec Konoha Land, première zone Naruto de cette ampleur en Europe, le Parc Spirou vient de jouer sa carte la plus ambitieuse. Je ne connais rien à Naruto : je suis venu avec l'œil d'un passionné de parcs, en famille, avec mes deux filles de 6 et 10 ans. De 10h à 17h30, nous avons fait le tour du parc attraction par attraction, du tout nouveau Kyûbi Unchained aux classiques de la BD franco-belge. Fiches techniques, avis, tarifs, repas, points faibles : voici le bilan de cette journée.
Une vidéo de la chaîne Parzy — l'envers du décor des parcs d'attractions.
S'abonner à la chaîne parcs1. Arrivée au Parc Spirou : tarifs et première impression
Le son enregistré sur place étant inutilisable, j'ai tout réenregistré en voix off. Le principe : visiter le parc attraction par attraction, avec un œil technique.
Le point tarif. Nous sommes quatre : un couple et nos deux filles de 6 et 10 ans. Nous avons payé 130 € en passant par mon CE. Ce n'était pas moins cher qu'un billet daté sur le site officiel ; seul avantage, notre billet était non daté.
À l'entrée, les statues de Spirou, Fantasio et du Marsupilami posent immédiatement l'ambiance BD franco-belge. C'est propre, coloré, cohérent : la direction actuelle a travaillé l'identité visuelle du parc.
2. Premiers tours : En avant Seccotine, Fantasio Rodéo et Lucky Town
En avant Seccotine : un coaster junior Zierer ouvert en 2018 avec le parc, modèle Zierer Force. Environ 70 mètres de circuit, 4 mètres de haut, 24 km/h en pointe. Du catalogue Zierer standard (lift à pneus, barre commune), mais l'habillage est soigné et c'est parfaitement calibré pour les tout-petits. Mes filles ont adoré.
Fantasio Rodéo : une attraction de type balancier tournoyant, ouverte elle aussi en 2018. On embarque à bord de la Turbotraction de Fantasio, qui se balance sur un rail courbe. Un modèle de catalogue basique, qu'on retrouve aussi en fête foraine, mais la thématisation est sympa.
On passe devant Lucky River, le flume du parc, sans le faire. Puis on traverse Lucky Town, la zone western autour de Lucky Luke et des Dalton. Une zone d'origine du parc : du décor de façade fonctionnel, sans la profondeur des grands parcs, mais propre et entretenu.
3. Konoha Land : 16 millions d'euros pour un village Naruto
Changement total d'ambiance devant les portes de Konoha, grandeur nature. Je ne connais pas Naruto, ni le manga ni l'animé : je regarde la zone avec l'œil d'un passionné de parcs. Et même sans connaître l'univers, c'est impressionnant.
Les chiffres : 15 000 m² (un hectare et demi), environ 16 millions d'euros d'investissement et 4 ans de développement avec les ayants droit japonais.
Une première : la première zone Naruto de cette ampleur en Europe, présentée comme inédite hors du Japon pour un parc d'attractions.
Malin : le tracé du coaster crée le périmètre du village. Les rails passent au-dessus de vos têtes et donnent une sensation de village clos.
Dix statues grandeur nature sont dispersées dans la zone, réalisées par Design CoCo, un studio japonais spécialisé. On retrouve Naruto, Sasuke, Sakura, Kakashi, Jiraya, Iruka, Orochimaru, Minato, Gaara et Itachi. La pièce maîtresse visuelle, c'est le monument des Hokage, qui sert accessoirement de façade à la gare du coaster. Il rappelle le mont Rushmore et domine la zone : le genre de point focal qui manque au reste du parc. Ajoutez une musique inspirée de Naruto en fond sonore : l'immersion, c'est la somme des détails.
4. Kyûbi Unchained : le premier Family Thrill Launch Coaster de Zamperla
Première bonne surprise : la file traverse des espaces thématisés, le coaster passe à côté de vous. Ce n'est pas un parc à bœufs en plein soleil, c'est une vraie file scénarisée.
La fiche technique. Kyûbi Unchained est signé Zamperla, le constructeur italien basé à Altavilla Vicentina. C'est un Family Thrill Launch Coaster, et c'est le tout premier exemplaire de ce modèle au monde : aucun autre n'est en opération à ce jour.
670 mètres de rail physique, avec un parcours vécu allongé par le passage en marche arrière.
Deux zones de lancement, et ce n'est pas du LSM : Zamperla utilise une propulsion par pneus entraînés par courroie crantée, sans boîte de vitesse. Plus simple et plus économe que les launches magnétiques d'Intamin ou de Mack, et les pneus se remplacent en quelques minutes selon Zamperla.
Premier lancement à 65 km/h, relance à 75 km/h, un tunnel à effets spéciaux et un spike qui culmine à environ 31,5 mètres (Zamperla donne 34 mètres pour l'ensemble de la structure), depuis lequel le train repart en marche arrière.
79 secondes de ride selon Zamperla ; 28 passagers par train (7 véhicules de 4, le dernier orienté en marche arrière).
Accès dès 1,05 m accompagné et 1,30 m en solo, et 1,30 m même accompagné pour la place en marche arrière.
Capacité théorique : 680 personnes par heure selon Zamperla.
Mon avis. On a beaucoup aimé, et on l'a fait plusieurs fois dans la journée, un peu partout dans le train, y compris dans le wagon retourné. Zamperla n'est pas le nom qui fait fantasmer les fans de gros coasters, mais la question était de savoir s'il pouvait livrer un vrai family thrill convaincant. La réponse est oui. Le ride est fluide et confortable. Seul bémol, et je chipote : en marche arrière, j'ai trouvé que ça vibrait un tout petit peu. Peut-être parce que nous n'étions que deux dans le wagon retourné, ma fille et moi. Globalement, c'est largement au-dessus de ce qu'on pouvait craindre.
5. Boutique du Hokage et Rasengan Chakra Rotation
En sortant, on passe forcément par la boutique, le bureau du Hokage. Pas de merchandising générique : les produits sont spécifiques à Naruto, certains exclusifs au parc. Pour les fans, un piège à portefeuille ; pour les parents, un piège tout court.
On enchaîne avec Rasengan Chakra Rotation, un NebulaZ, lui aussi signé Zamperla : quatre bras rotatifs et 32 places. Même type de machine que Gyrofolix au Parc Astérix. Les enfants adorent, les adultes passent un bon moment, et l'attraction occupe la place centrale de la zone comme un manège de fête de village japonais : l'intégration est très réussie.
6. Le reste du parc : Nid du Marsupilami, Zombillénium Tower et Le Z
En quittant Konoha Land pour rejoindre l'univers BD franco-belge, le contraste est brutal. Le reste du parc est propre et entretenu, mais d'un côté il y a environ 16 millions d'euros sur un hectare et demi, de l'autre huit ans d'additions progressives, parfois avec des bouts de ficelle.
Le Nid du Marsupilami (2019) : file en parc à bœufs, mais abritée. Un modèle Roller Ball de RES (Ride Engineers Switzerland), concept rare : les nacelles montent verticalement puis redescendent en rotation, sur environ 29 à 30 mètres de haut selon les sources. Présenté comme une exclusivité mondiale, c'est en partie vrai : un Roller Ball a ouvert en Allemagne en 2018, mais en modèle S, beaucoup plus petit. Le Nid est le premier grand format, le modèle M.
Zombillénium Tower : l'attraction à sensation du parc, signée Funtime, le spécialiste autrichien des tours de chute (les mêmes que le Donjon de l'Extrême à Nigloland). Le parc annonce 90 mètres, certaines bases de données plutôt 80 : restons prudents. Chute à 140 km/h, 24 passagers par nacelle. Avec les 90 mètres officiels, elle se place dans le haut du classement français, derrière le Donjon de l'Extrême et ses 100 mètres.
Marsu Palombia : des nacelles en forme de fleurs qui montent et descendent en douceur en tournant. Accessible aux tout-petits.
Le Z (non testé, 1,40 m minimum) : thématisé sur Zorglub, un bras mécanique de 30 mètres qui vous fait tourner à 360°, jambes dans le vide. Le parc annonce des pointes à plus de 100 km/h. Ouvert en 2019.
Rantanplan (2024) : un manège de tasses Zamperla classique, thématisé sur le chien le plus bête de l'Ouest.
Allées propres, signalétique claire. Mais le parc a un vrai problème d'ombre : certaines zones sont en plein soleil sans aucun abri. Si vous venez en été, prévoyez casquette, crème solaire et bouteille d'eau. C'est un sujet que la direction devrait traiter en priorité. Côté public, le parc assume son positionnement familial : beaucoup de couples avec des enfants de 3 à 12 ans, une ambiance détendue.
7. Retour sur Kyûbi et déjeuner à Ichiraku Ramen
Nous avons refait Kyûbi Unchained plusieurs fois en changeant de place, toujours sans attente. Point rare pour un parc de cette taille : Kyûbi et le NebulaZ ne sont pas posés dans un décor, ils font partie du village, et la gare est masquée par le monument des Hokage.
Déjeuner au restaurant Ichiraku Ramen, reproduction de l'échoppe où le héros va manger après chaque mission. Commande sur borne, restauration japonaise thématisée (ramen, yakitori, boissons, desserts japonais). Nous avons payé 60 € pour quatre, deux menus enfants et deux menus adultes. Un peu cher, mais dans l'ordre de grandeur habituel des parcs en France, et on mange dans l'univers, à l'ombre. En Provence, l'ombre n'est pas du confort, c'est de la survie.
8. L'après-midi : Spirou Racing, Marsu Jungle, Blorks Attack et Wanted Dalton
Spirou Racing : le coaster d'origine du parc, présent depuis juin 2018, signé Zierer. 22 mètres de haut, environ 535 mètres de circuit, 65 km/h en pointe (la communication officielle annonce plus de 76 km/h). Lift à chaîne, fiable, court mais nerveux, avec du latéral dans les virages serrés. Pour une famille, ça fait le job.
Marsu Jungle : très bonne surprise. Zone enfants agréable, avec vaporisateurs d'eau et ombre. Houbi et Houba, deux petites tours de chute pour enfants, ont fait l'unanimité chez mes filles.
Blorks Attack (zone Kid Paddle, 2022) : un Disk'O Coaster Zamperla, le plus gros modèle du catalogue avec une plateforme de 40 places qui tourne sur elle-même en glissant sur un rail en forme de W. Accès dès 1,20 m. Intégration réussie, de vraies sensations sans violence pour les enfants.
Wanted Dalton : coaster junior Zierer ouvert en 2018, de la même famille Zierer Force qu'En avant Seccotine mais en plus grand. 9 mètres de haut, 40 km/h en pointe, lift à pneus, accès dès 90 cm accompagné. La file traverse la prison des Dalton, mais la structure manque de décor. De l'entrée de gamme qui fait le travail.
Pour finir la journée, retour à Konoha Land, la zone qui tire tout le parc vers le haut. Même après plusieurs tours, Kyûbi tient, et le spike en marche arrière reste le moment fort. C'est le saut qualitatif le plus important de l'histoire du parc : d'un parc régional sympa fait de Zierer et de Simworx à une vraie zone immersive sur une licence mondiale. Dernier arrêt à la boutique de l'entrée, centrée sur la BD franco-belge : les filles repartent avec une peluche.
9. Bilan : un sans-faute pour les familles, avec quelques réserves
Nous avons passé une excellente journée malgré la forte chaleur. Arrivés à 10h, repartis à 17h30, sans nous ennuyer une minute. Jamais plus de 25 minutes d'attente, et Kyûbi Unchained s'enchaînait sans attendre. Personnel agréable, et mes filles veulent y retourner : le meilleur indicateur pour un parc familial.
Les faiblesses. Le Parc Spirou reste un petit parc familial régional. Ce n'est pas une destination pour les ados ou les groupes d'adultes en quête de sensations extrêmes : hors Zombillénium Tower et Le Z, le line-up à sensation est limité. J'ai aussi trouvé les opérations un peu lentes : des dispatchs pas toujours rapides, des vérifications de harnais qui prenaient du temps. Nous étions en semaine, avant la haute saison ; mais si c'est pareil avec du monde, les attentes pourraient devenir disproportionnées pour la taille du parc.
Le bilan technique. Cinq vraies montagnes russes, plus Blorks Attack, classé comme Disk'O Coaster. Des sensations avec Zombillénium Tower et Le Z, un flume, trois cinémas dynamiques. Du Zierer et du Zamperla d'entrée et de milieu de gamme, mais chaque attraction est bien positionnée. Le game changer, c'est Kyûbi Unchained, première attraction du parc capable d'être un motif de visite à elle seule. Ce qui manque encore ? Un dark ride intérieur scénarisé, absent depuis l'échec du Zombillénium en 2018, et toujours de l'ombre. Mais j'ai vu un parc qui progresse intelligemment, investit là où ça compte, et vient de jouer sa carte la plus ambitieuse avec Naruto.
Envie de découvrir Konoha Land et Kyûbi Unchained en images ? Retrouvez l'enquête complète dans ma vidéo : Konoha Land (Naruto) au Parc Spirou - Découverte de la nouvelle zone
Parzy
Créateur · Parzy
Créateur de cette vidéo. L'envers du décor des parcs d'attractions.
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